Pour tout savoir sur la fabrication de nos montres !

Vous l’avez surement lu sur notre site, nous avons fait le choix d’assembler nos montres dans la ville de Shenzhen située sur la côte Ouest de la Chine à deux pas de Hong-Kong. 

 C’est un choix qui peut apparaitre surprenant à l’heure du regain d’intérêt pour le Made in France et certains s’interrogent et nous demandent pourquoi nous n’avons pas décidé de les faire fabriquer dans l’hexagone. Alors, comme nous aussi, on s’est posé cette question des centaines de fois, on s’est dit qu’on allait partager notre histoire, vous expliquer comment on a pris nos décisions, et surtout pourquoi, selon nous, c’était la meilleure solution.  

En plus, en évoquant ce sujet, ça nous permet de traiter d’autres points centraux pour une marque qui se lance en 2018 comme la qualité du produit et les conditions de travail. Donc, dans cet article, on va aussi parler franchement du « made in china » parce que les usines en Chine c’est comme partout ailleurs, on en trouve de très bonnes et d’autres qu’il vaut mieux éviter. C’est hélas à cause de ces dernières que la Chine souffre encore de cette mauvaise réputation.      

 

  • Pourquoi pas en France ? 
  •  Nous avons commencé à penser Octave au printemps 2017 et dès le début, avant même d’avoir choisi le nom de notre marque, on s'est posé la question du lieu de fabrication. 

    Dans un premier temps, il nous est apparu assez logique d’essayer de les faire fabriquer en France. On pensait que c’était un gage de qualité, et avouons-le, on a aussi pensé prendre la vague « du made in France ». On s’est donc mis à la recherche de fabricants français pour assembler nos montres 

    Sur ce point, et si des ateliers nous lisent, sachez que c’est extrêmement difficile de vous trouver ! c’est bien dommage... ! Après tout certains ateliers font un super boulot et je suis sûr que beaucoup d’entrepreneurs seraient ravis de travailler avec eux. Donc après beaucoup de recherches on a fini par trouver quelques usines qui ont accepté de nous rencontrer notamment en Franche-Comté dans la région de Besançon. Situé à deux pas de la frontière Suisse, cette région a une longue tradition horlogère. Nous avons beaucoup échangé avec eux ; sur les différentes méthodes de fabrication, les prix, les minimums de commandes..., et ça a été vraiment très enrichissant.  

    Hélas, après plusieurs semaines d’échanges et malgré nos efforts on a dû se rendre à l’évidence ; on ne pourrait pas fabriquer nos montres en France ! Pourquoi ? Parce que les trois points essentiels de notre cahier des charges ne pourraient pas être tous satisfaits.  

     

    1. De petits volumes : Cette exigence répond d’abord à un impératif logique pour une marque qui débute. C’est simple, on se lance, on ne sait donc pas si nos clients vont aimer notre produit. On ne peut donc pas commander plusieurs milliers d’exemplaires. Ensuite, et là c’est un choix interne, on ne veut pas surproduire et se concentrer sur le stricte nécessaire.  
    2. Une fabrication en France : Sur les composants, on détaille ce point un peu bas dans l’article, mais sachez à ce stade que quel que soit le lieu d’assemblage et pour le niveau de prix visé, ils sont tous fabriqués en Asie, il n’y a donc pas vraiment de choix à faire. Pour l’assemblage de la montre, il ne représente qu’une part négligeable du cout complet de fabrication (moins de 10%). Donc prétendre que nos montres sont « made in France » alors que nous n’aurions réalisé qu’une dernière opération en France ne correspondait pas l’image que nous nous faisons du Made in France. 
    3. Accessible à tous : Vous l’aurez compris à la lecture des deux points précédents, si nous souhaitions fabriquer de petites séries et 100% made in France, c’est à dire avec des composants fabriqués en France, notre montre aurait couté 300€ ou 400€ minimum. C’est un choix qu’on respecte c’est la volonté de travailler avec des acteurs locaux pour les soutenir, mais tout le monde ne peut pas se payer une montre à ce prix et c’est là que nous intervenons en proposant un article de qualité à un prix abordable. 

    Vous l’aurez compris, il y a donc deux méthodes pour fabriquer en France. Soit la fabrication complète (composants et assemblage) ou la fabrication partiel (seulement l’assemblage). On préfère ne pas parler de « vrai » ou de « faux » made in France, parce que, même dans le second cas, cela correspond à une tâche réelle, mais pour nous seul le premier cas était porteur de sens. 

    Or, comme on l’a écrit plus haut, cela ne correspondait pas avec notre volonté de proposer un produit accessible et la fabrication complète, les financements nécessaires au lancement de la marque auraient été autrement plus importants. 

     Or, nous venons à peine de lancer Octave Watches et elle est entièrement financée grâce à nos économies. En plus, aucune banque n'aurait accepté de prêter presque 70.000€ a deux entrepreneurs novices et avant même d'avoir vendu la première montre. Le financement participatif aurait pu être une solution, mais ce n'est pas notre philosophie, on pense que c'est à nous de prendre des risques et pas à vous et on en a marre de voir tous ces projets qui tombent à l'eau sur Kickstarter. 

    Ça n’a pas été un moment facile, mais il a fallu trouver une solution. 

  • Hors de France 
  • Nous devions donc trouver un atelier hors de France, mais plus que le seul lieu de fabrication et fallait que l'atelier que nous choisissons nous garantisse des standards de qualité élevés et des conditions de travail décentes pour les salariés. 

    Au début, comme tout le monde on se disait qu'en Chine ce ne serait pas possible, que si on faisait ça, nos montres ne seraient pas de bonne qualité et qu'on allait forcément faire travailler des enfants.

    Mais on a commencé à regarder cette industrie d'un peu plus près et on s'est aperçu que les choses, comme partout ailleurs, ne sont pas aussi simple.

    Parlons d'abord de la qualité, ce qu'il faut savoir c'est que la qualité d'une montre dépend avant tout de deux choses : les composants et l'assemblage (ou emboîtage).  

    Pour les composants, il y a le prêt à porter et le sur mesures, si le sur mesures et généralement synonyme de qualité, il est aussi beaucoup plus cher et inaccessible lorsqu'on souhaite proposer une montre accessible à tous comme nous souhaitions le faire. En effet, les composants sont fabriqués à l'unité et nécessite à chaque fois de longues heures de conception et de fabrication qui sont logiquement répercuté sur le prix des montres. De l'autre côté, le prêt à porter ne signifie pas forcément une qualité moindre. La différence c'est que dans ce cas les produits sont fabriqués en série et que les coûts de développement sont amortis sur un plus grand nombre d’unité, ce qui permet d’obtenir un prix plus attractif. 

    Donc nous avons décidé d'avoir recours à des composants de série, mais en s'assurant de leur qualité. De ce côté et comme beaucoup d'autres marques y compris celles qui assemblent leurs montres en France nous avons recours à des composants fabriqués en Asie. Comme nous l'avons écrit sur notre site nous avons sélectionné les meilleurs produit : 

    • Notre boitier est en acier inoxydable 316L. Il brille autant que l’argent et l’or, il ne ternit pas dans le temps et ne change pas de couleur. Il est hypoallergénique et ne provoque pas de réaction sur la peau. Il nécessite peu d’entretien et résiste à la corrosion.
    • Pour le mouvement, nous avons sélectionné un mouvement japonais de chez Miyota. Réputé pour être particulièrement fiable et robuste, il présente aussi un excellent rapport qualité prix. Comparé aux mouvements Suisses, il est plus compétitif sans perdre en fiabilité 
    • Nous avons sélectionné un verre renforcé par trempage. Grâce à ce procédé, il résiste parfaitement aux chocs et aux rayures, il est insensible au U.V. et protège ainsi idéalement tous les composants de votre montre contre les agressions extérieures.  
    • Les bracelets sont tous composés de matières naturelles. Qu’il s’agisse de nos cuirs ou de nos aciers, tous ces matériaux restent neutres sur votre peau et vous garantissent une excellente durabilité. Attention toutefois à l’eau et l’humidité

    A ce stade de notre recherche, nous savions donc que nous aurions recours à des composants fabriqués en Chine et savions ou les trouver, mais le plus difficile était encore devant nous ; il fallait encore trouver un atelier pour faire assembler nos montres.    

    Rapidement, nos recherches nous ont menées vers la ville de Shenzhen. En effet, il existe depuis maintenant plus de 30 ans un véritable savoir-faire horloger dans cette ville et les grands noms de l'horlogerie, y compris Suisse, l'ont bien compris et y font fabriquer leurs composants voir y délèguent aussi l'assemblage. Le savoir-faire et les investissements y ont été importants si bien qu'il est aujourd'hui possible de parler de "Swiss made in Shenzhen" disons le tout de suite, ce savoir-faire est totalement incompatible avec le travail à la semaine d'ouvriers non spécialisés ou mineurs. C'est une compétence qui se construit petit à petit en capitalisant sur du personnel hautement qualifié.  

    Toutefois, malgré la réputation des horlogers de la ville, la recherche n'a pas été facile et notamment du fait que nos demandes de pour de petites séries ne pouvait pas être satisfaite par n'importe quel atelier et ce n'est qu'après plus de 7 mois de recherche nous avons enfin trouvé notre partenaire qui remplissait tous les critères ; un travail d'excellente qualité et des conditions de travail qui respectent la réglementation.

    Vous l’avez compris, nous sommes très attentifs aux conditions de travail des salariés. C’est pourquoi nous avons aussi choisi notre partenaire sur ce critère. Ainsi, notre atelier est certifié ETI (Ethical Trading Initiative ou Initiative d'éthique commerciale).  

    Pour obtenir ce label, notre partenaire a du prouver lors d’un contrôle réalisé par un organisme indépendant, qu’elle respecte le droit local et qu’elle applique des règles strictes dans plusieurs domaines, avec notamment :

    • La garantie que tous les salariés ont librement choisi leur emploi. Sur ce point, l’entreprise a du montré qu’aucun salarié n’est en situation de travail forcé. Elle a notamment montré qu’aucun salarié n’avait été forcé de laisser en “caution” ces papiers ou une certaine somme d’argent et qu’ils sont tous libres de quitter leur emploi s’ils le souhaitent. 
    • Les conditions de travail respectent les règles d'hygiène et de sécurité. A ce titre, l’entreprise garanti aux salariés que leur condition de travail ne met pas leur sécurité ou leur santé en danger. Elle ne les expose pas à des produits dangereux sans protection adéquate et tous les salariés sont formés préalablement à la manipulation d’outils ou de machines potentiellement dangereux. 
    • La prohibition du travail des enfants. C’était un point crucial et notre partenaire à montrer, après vérification de l’ensemble des salarié, qu’aucun enfant n’avait été embauché dans l’entreprise. Le contrôleur a vérifié les dossiers d'embauche et de licenciements des 12 derniers mois et il n'y a pas eu de licenciement d'enfants au cours de cette période. Le plus jeune employé a plus de 22 ans.
    • Un salaire décent. Dans l’atelier, l’audit a montré que tous les employés ont été rémunérés sur la base d'un taux horaire qui dépasse le salaire minimum légal. Les salaires sont payés le 7 de chaque mois et un bulletin de paie est émis pour chaque période de paie. Aucune déduction illégale (p. ex. frais de courtier, amendes, etc.) ou retenue n'est effectuée sur le salaire. Des congés annuels payés ont été accordés à tous les travailleurs et des congés de maternité ont été accordés aux travailleurs concernés.
    • Des heures de travail raisonnables. L’atelier fonctionne de la manière suivante : les fiches de temps sont remplies manuellement par les salariés, puis saisies dans le système électronique de paie qui calcule les salaires. D'après les relevés de temps et les entretiens avec les salariés, le temps de travail de base était de 8 heures par jour et de 40 heures au maximum par semaine.
    • Des emplois réguliers. L’idée ici est de s’assurer que l’usine n’a pas recours à des travailleurs externes qui seraient privés de tous droits. Dans notre atelier, tous les contrats de travail des employés ont été fournis et on constate que tous les employés ont été embauchés directement par l'entreprise sans recours a une main-d'œuvre de travailleurs temporaires.

    Malgré cela, et pour ne rien laisser au hasard, nous faisons systématiquement contrôler toutes nos productions par des organismes indépendants. Ces contrôles sont réalisés une première fois sur place, directement dans chaque atelier puis en France par échantillonnage. Nos montres sont conformes aux normes européennes et nous proposons une garantie de deux ans. 

    Il n’y a donc aucun intermédiaire à chaque stade de la production. Cela nous assure de maîtriser tous les aspects de la planche à dessin à la livraison et de maitriser les coûts sans rogner sur la qualité (parce qu’une belle montre ne doit pas être réservée à quelques-uns).

    Nous avons adopté la même démarche dans la l’élaboration de notre circuit de distribution, sans intermédiaires (concepteur-fabricant-client) et une vente réalisée exclusivement sur internet. C’est donc en remettant en question les certitudes tant dans les méthodes de fabrication que dans la distribution que nous pouvons offrir des montres aux qualités irréprochables à un prix resserré.